Bienvenue!

Bienvenue à tous sur mon petit cahier numérique, un peu autobiographique, au cours duquel je vais vous décrire certaines journées de mon existence. Le seul point commun entre toutes ces journées: ma présence dans un stade.


Bonne lecture et n'hésitez pas à me commenter et/ou me contacter!

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vendredi 7 septembre 2012

My London 2012 Olympic diary: Day 3


Day 3: Walking around in sunny London and discovering the BBC coverage

The third day begins with a brunch in the city, at the “Giraffe” restaurant selected by Jean-François. On this Sunday I had tickets to see the evening fencing finals in the men's team foil event. But this time, my wife would enjoy it with our fencing friend and I will take care of our baby. Before hand, we had some sightseeing to do.
The weather was exceptionally kind when we left our empty plates behind us, permitting an enjoyable digestive walk through empty streets. The scariest of all the city veins were the ones used earlier in the morning by the ladies running the marathon. Still closed for traffic at the time we walked by, they really made the place look like a post apocalyptic ghost town.

I took advantage of my location to cast an eye on the site I have been working on for my 18 last months in London. The Heron Tower was now fully completed, including an enormous fish tank in the reception lobby and a sushi bar at one of the top levels.

We continued our route and realised quite suddenly that we were just next to the "Club France", the temporary bar opened by the French Olympic committee on the Thames north bank. We walked once past it without noticing any entrance. When we found it in a backstreet, we got disenchanted. There were a hundred metre long queue ahead of closed doors to cope with if you wanted to cheer on Olympians in French atmosphere. We turned our heels on it, being not enough interested to bear the wait.

What we did instead was going to Switzerland. Figuratively. Right across London bridge was located the Swiss House, the red and white nemesis of the Club France. We felt much more welcome here, with an open air bar, a giant screen showing the sporting action, free chocolate tasting and even a climbing wall...
The fact that the biggest star in Swiss sports, Roger Federer, was currently being trashed by Andy Murray in the men's tennis final, did not alter much the atmosphere. After all it was a silver medal he did not have yet in his trophy cabinet.

Later in the afternoon, when the time came to get closer to the Excel arena, we moved away and decided to try a scenic way, using the brand new cable car line linking the docklands and North Greenwich over the Thames. We surely enjoyed the view (for those daring to look through the window) and did not waste any of the few seconds it lasted.



Next, it was time for the men in this family to go back home and leave wife and friend who were getting into the fencing hall.
Once there, I had the chance to discover what the BBC meant by a full digital coverage of the Games. When I arrived home, I noticed that my Italian friend providing me shelter for the week was watching the athletics on the television screen. During the few minutes I needed to take care of my baby boy, I had a few glances at what happened in the living room. And I successively caught sight of a water polo game, some fencing, some volley ball and much more. When I finally settled down, I understood that there were actually 24 BBC sports channels dedicated to the Olympics. Basically, every event was broadcasted live, you just had to choose the one you preferred. You could (and we did) watch the 100m semi-finals and check the evolution of the scores in a few other sports between races, then change to the channel dedicated to the triple jump event and then get back to the fencing...
What a revolution it was for the French TV viewer I was, forced to watch what the programmer decided to put forward (meaning either a French medallist or Usain Bolt) on the single French channel showing the Olympics back home...

The night went like this all the way, moving virtually from an Olympic venue to another as we fancied, until a Jamaican superman decided to bring the whole media attention to him.
Alexia came back home and we quickly went to bed, once again exhausted.

vendredi 8 juin 2012

Le cri de tout un pays


Londres, 24 juin 2010


Voici une histoire atypique dans la liste que je déroule. Bien qu’il s’agisse d’un match de football, il ne sera nullement question de stade cette fois-ci. Je vous parle en effet d’un match que je n’ai même pas vu !

Comme écrit précédemment, j’ai déjà eu la chance de vivre dans un pays étranger un match de coupe du monde de cette même nation équipe étrangère (voir « L’occasion ratée »). Partager une émotion qui n’est pas sensée vous toucher avec des gens à fleur de peau pour leur sélection est très agréable (à condition de n’avoir aucun parti pris pour l’adversaire). Grâce à l’édition 2010 en Afrique du Sud, j’ai eu droit à 4 expériences de ce type en plus.
Je vivais au début de cet été 2010 mes dernières semaines en Angleterre et travaillais durant ce mois d’effervescence footballistique sur les hauteurs d’un des bâtiments saturant le ciel de la city.

L’engouement pour l’équipe nationale était très fort dans la capitale anglaise. Annoncée comme une des favorites de la compétition par les bookmakers, les fans songeaient sérieusement à obtenir leur seconde étoile, 44 ans après les héros de 1966.
Cependant Londres étant probablement la ville la plus cosmopolite au monde, on pouvait alors distinctement écouter ou observer des encouragements pour quasiment l’intégralité des nations représentées rien qu’en se promenant en centre ville.
C’est imprégné de cette ambiance mêlant chauvinisme exacerbé et délire multinational que je m’apprêtais à vivre la compétition.

Si j’avais regardé le premier match des « 3 lions » dans cette compétition depuis mon canapé (et notamment le but gag concédé par le gardien anglais) puis le 2e au pub local sans grande excitation, je ne pus me libérer de mon travail pour leur troisième match décisif de poule ayant lieu au Nelson Mandela Bay Stadium de Port Elizabeth dans l’après-midi. Sans victoire après deux matchs, les anglais n’avaient d’autre choix que de s’imposer pour voir le tour suivant.

Le chantier sur lequel j’étais à l’œuvre faisait travailler près de 1000 personnes à ce moment là mais bizarrement je ne me rendis pas compte immédiatement qu’en ce début d’après midi, les étages étaient particulièrement calmes et vidés de leurs ouvriers.

C’était jusqu’à 15h22.

La Heron Tower, c'est celle de gauche!

Soudainement un évènement a déclenché une fulgurante réaction en chaîne dans mon esprit. Je me rendis compte en l’espace d’une fraction de seconde que mon assistante et moi étions étrangement seuls au 32e étage de la tour, qu’un match de coupe du monde avait débuté, qu’il impliquait l’Angleterre et surtout qu’ils venaient d’ouvrir le score. Ma collègue polonaise qui n’a aucun intérêt envers le football nota l’événement en question et l’accueilli avec un « What was that ? » inquiet.
Cet événement était une vague sonore, une clameur en forme de raz-de-marée traversant toute la capitale d’est en ouest. Cela dura 1 voire 2 secondes avant de baisser progressivement d’intensité mais le message était aussi surprenant que clair, l’Angleterre venait de marquer.

Passé au ralentit, la bande sonore de ces quelques secondes aurait vu un début de cri collectif venant de Stratford ou peut-être même Dartford perturber le silence de cet après-midi, puis se propager à une vitesse fulgurante vers l’ouest, gagnant la city puis Westminster pour finalement recouvrir toute la ville.
Ce cri fût poussé par des milliers de fans anglais entassés dans le pub le plus proche de chez eux ou plus probablement de leur lieu de travail, lorsque l’attaquant anglais poussa le ballon au fond des filets slovènes.
L’économie du pays était probablement à l’arrêt pendant ce match ou tout du moins au ralenti. Lorsque quelques minutes plus tard je redescendis du haut de ma tour, je me rendis compte que les ouvriers étaient tous regroupés dans la cantine du chantier équipée de plusieurs écrans de télévisions. La surprise fût encore plus grande lorsque je découvris que la majeure partie des managers étaient également présente.
Seuls restaient au poste quelques sages employés ayant la double particularité de ne pas être anglais et de ne pas avoir eu envie d’utiliser cette désertion générale comme excuse pour une tranche de flemmardise.
Pourquoi ai-je eus l’impression que cette vague sonore venait de l’est pour aller vers l’ouest ? Probablement à cause du vent soufflant fort quand on se trouve à 200m au dessus du niveau de la route. Ou bien peut-être avais-je découvert un décalage dans la vitesse de diffusion des ondes émises par les satellites gigotants autour de la Terre ?

Quelques jours plus tard, si j’avais été sur ma tour, j’aurai peut-être pu entendre les cris de rage ou les complaintes du peuple anglais à l’occasion de leur sévère élimination en huitièmes de finale.
Cette expérience auditive me souleva vraiment le cœur. Plus que toute autre réaction collective vécue dans un stade ? Peut-être bien. Il ne s’agissait pas ici de 30, 40 ou 50.000 spectateurs, mais bien du cri de tout un pays.