Bienvenue!

Bienvenue à tous sur mon petit cahier numérique, un peu autobiographique, au cours duquel je vais vous décrire certaines journées de mon existence. Le seul point commun entre toutes ces journées: ma présence dans un stade.


Bonne lecture et n'hésitez pas à me commenter et/ou me contacter!

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vendredi 8 juin 2012

Le cri de tout un pays


Londres, 24 juin 2010


Voici une histoire atypique dans la liste que je déroule. Bien qu’il s’agisse d’un match de football, il ne sera nullement question de stade cette fois-ci. Je vous parle en effet d’un match que je n’ai même pas vu !

Comme écrit précédemment, j’ai déjà eu la chance de vivre dans un pays étranger un match de coupe du monde de cette même nation équipe étrangère (voir « L’occasion ratée »). Partager une émotion qui n’est pas sensée vous toucher avec des gens à fleur de peau pour leur sélection est très agréable (à condition de n’avoir aucun parti pris pour l’adversaire). Grâce à l’édition 2010 en Afrique du Sud, j’ai eu droit à 4 expériences de ce type en plus.
Je vivais au début de cet été 2010 mes dernières semaines en Angleterre et travaillais durant ce mois d’effervescence footballistique sur les hauteurs d’un des bâtiments saturant le ciel de la city.

L’engouement pour l’équipe nationale était très fort dans la capitale anglaise. Annoncée comme une des favorites de la compétition par les bookmakers, les fans songeaient sérieusement à obtenir leur seconde étoile, 44 ans après les héros de 1966.
Cependant Londres étant probablement la ville la plus cosmopolite au monde, on pouvait alors distinctement écouter ou observer des encouragements pour quasiment l’intégralité des nations représentées rien qu’en se promenant en centre ville.
C’est imprégné de cette ambiance mêlant chauvinisme exacerbé et délire multinational que je m’apprêtais à vivre la compétition.

Si j’avais regardé le premier match des « 3 lions » dans cette compétition depuis mon canapé (et notamment le but gag concédé par le gardien anglais) puis le 2e au pub local sans grande excitation, je ne pus me libérer de mon travail pour leur troisième match décisif de poule ayant lieu au Nelson Mandela Bay Stadium de Port Elizabeth dans l’après-midi. Sans victoire après deux matchs, les anglais n’avaient d’autre choix que de s’imposer pour voir le tour suivant.

Le chantier sur lequel j’étais à l’œuvre faisait travailler près de 1000 personnes à ce moment là mais bizarrement je ne me rendis pas compte immédiatement qu’en ce début d’après midi, les étages étaient particulièrement calmes et vidés de leurs ouvriers.

C’était jusqu’à 15h22.

La Heron Tower, c'est celle de gauche!

Soudainement un évènement a déclenché une fulgurante réaction en chaîne dans mon esprit. Je me rendis compte en l’espace d’une fraction de seconde que mon assistante et moi étions étrangement seuls au 32e étage de la tour, qu’un match de coupe du monde avait débuté, qu’il impliquait l’Angleterre et surtout qu’ils venaient d’ouvrir le score. Ma collègue polonaise qui n’a aucun intérêt envers le football nota l’événement en question et l’accueilli avec un « What was that ? » inquiet.
Cet événement était une vague sonore, une clameur en forme de raz-de-marée traversant toute la capitale d’est en ouest. Cela dura 1 voire 2 secondes avant de baisser progressivement d’intensité mais le message était aussi surprenant que clair, l’Angleterre venait de marquer.

Passé au ralentit, la bande sonore de ces quelques secondes aurait vu un début de cri collectif venant de Stratford ou peut-être même Dartford perturber le silence de cet après-midi, puis se propager à une vitesse fulgurante vers l’ouest, gagnant la city puis Westminster pour finalement recouvrir toute la ville.
Ce cri fût poussé par des milliers de fans anglais entassés dans le pub le plus proche de chez eux ou plus probablement de leur lieu de travail, lorsque l’attaquant anglais poussa le ballon au fond des filets slovènes.
L’économie du pays était probablement à l’arrêt pendant ce match ou tout du moins au ralenti. Lorsque quelques minutes plus tard je redescendis du haut de ma tour, je me rendis compte que les ouvriers étaient tous regroupés dans la cantine du chantier équipée de plusieurs écrans de télévisions. La surprise fût encore plus grande lorsque je découvris que la majeure partie des managers étaient également présente.
Seuls restaient au poste quelques sages employés ayant la double particularité de ne pas être anglais et de ne pas avoir eu envie d’utiliser cette désertion générale comme excuse pour une tranche de flemmardise.
Pourquoi ai-je eus l’impression que cette vague sonore venait de l’est pour aller vers l’ouest ? Probablement à cause du vent soufflant fort quand on se trouve à 200m au dessus du niveau de la route. Ou bien peut-être avais-je découvert un décalage dans la vitesse de diffusion des ondes émises par les satellites gigotants autour de la Terre ?

Quelques jours plus tard, si j’avais été sur ma tour, j’aurai peut-être pu entendre les cris de rage ou les complaintes du peuple anglais à l’occasion de leur sévère élimination en huitièmes de finale.
Cette expérience auditive me souleva vraiment le cœur. Plus que toute autre réaction collective vécue dans un stade ? Peut-être bien. Il ne s’agissait pas ici de 30, 40 ou 50.000 spectateurs, mais bien du cri de tout un pays.

jeudi 5 avril 2012

Le match des « ski »



Londres, 5 décembre 2006


Mon installation à Londres ayant été achevée avec succès, je décidai de m’atteler à compléter un « tour » de l’ensemble des stades de la « football league » (les 4 divisions professionnelles anglaises). Je trouvai rapidement un accès pour le stade le plus à la mode à cette époque : Stamford Bridge et son Chelsea d’Abramovitch et de Mourinho.
            Il s’agissait d’un match quasi-amical, le dernier du tour de poules, entre une équipe déjà qualifiée pour le prochain tour et une équipe déjà éliminée.
            Voici comment j’avais alors résumé ma soirée sur un forum footballistique dont j’étais un membre actif :
-          18h30: Départ de Baker Street (n/b : où j’habitais), il fait nuit depuis bientôt 3 heures maintenant, le sandwich jambon-beurre-cheddar à la main, je ne tarde pas a croiser les premiers fans des blues, la première a l'entrée du métro s'appelle Cathy et a eu 25 ans un de ces jours (c'était écrit sur le maillot).
-          18h39: Voyage sans musique ni lecture alors j'attrape un "Londonpaper" et attaque le sodoku classe "evil"
-               18h42: Ce sandwich m'a donne soif...
-               18h58: Arrivée a Fulham Broadway, non pas pour voir jouer les cottagers mais bien pour aller a Stamford Bridge. (n/b : le stade de Chelsea est en plein cœur du quartier de Fulham…)
-          19h02: Sortie dans la rue, heureusement qu'il n'y a qu'a suivre la masse pour trouver l'entrée du stade parce que il est toujours aussi bien cache depuis la rue ce stade...
-                19h14: Mon tour de vérification de ticket et de fouille arrive
-              19h14 et 2 secondes: Mon tour est passé, aucun stadier de croisé, j'aurai pu rentrer les poches pleines...
-             19h15: Je cherche quelque chose à boire et débute par un échec a la buvette "Gianfranco Zola"
-               19h16: pas mieux du cote de la buvette "Tore Andre Flo"
-          19h19: Je me rends compte que les publicités "Heineken" que je vois partout ne sont uniquement là parce que c'est un sponsor de la league des champions, pas parce que j'ai une chance d'en trouver ici...
-              19h21: Je rentre dans ma tribune "West stand lower" quasiment vide.
-          19h22: Je vois un attroupement en bas de ma tribune explique par le fait que les blues s'échauffent en bord de terrain donc à seulement 60cm des rambardes...
-            19h23: Comme un touriste (que je suis), je m'approche voir des millions d’euros sur pattes en préparation...
-            19h27: En l'absence de John Terry, habituel capitaine, c'est Franck Lampard qui doit avoir le brassard mais on ne dirait pas, le seul que l'on entend, c'est  Didier Drogba... en plus, il bouffe son binôme Andreï Schevchenko a chaque exercice effectue...



-          19h33: A l'exercice des étirements de quadriceps en station verticale, c'est le teuton Michael Ballack qui justifie sa mauvaise note en "balance" (c’est-à-dire équilibre) sur PES6 en tombant lamentablement, poussé par la brise...
-               19h37: Les joueurs rentrent, il n'y a toujours pas de possibilité d'attraper à boire, alors on va s'asseoir en tribune et on observe le très rempli parcage visiteur bulgare.
-             19h40: Le stade commence tout juste à se remplir pour l'annonce de la composition des équipes.
-             19h41: Mais oui!! Cédric Bardon est vivant!! Et il porte le numéro 27!!! le hic c'est que si c'est sans surprise qu'aucun anglais ne réagit a l'annonce de ce nom, je suis plus surpris d’entendre qu'aucun bulgare ne crie "olé" comme ils l'ont fait pour leurs autres joueurs...
       19h42: Viens le tour des blues... une rafale de sifflets vient saluer la présentation d'Andriy... Côté bulgare c'est surement parce qu’entre voisins on ne s'aime guère. Cote anglais c'est plutôt pour le cout moyen d'un but marqué par celui-ci depuis son transfert, évalué a 15M salaire non compris...
-                19h45: coup d'envoi donné avec toute la ponctualité souhaitée par l’organisation suisse dirigeant la compétition.
-             19h46: El Jose jaillit de son banc tel un lion!! et crie au scandale auprès de tout ce qui ressemble à un arbitre parce que le numéro 27 bulgare à pris le dessus sur le quarantenaire du soir (au moins visuellement) Ricardo Carvahlo.
-         19h48: Le numéro 27 remporte son second duel aérien d'affile cette fois-ci face au comparse hollandais de la défense centrale, j'ai nomme Boulhaouz. Mourinho n'a rien vu, il était encore en train de crier à l'oreille du 4e arbitre.
-         19h58: Andriy n'améliore pas son ratio en manquant largement le cadre sur une frappe croisée à 10m du but. Il en profite pour se faire pourrir par Arjen Robben, seul plein axe à 5m.
-          20h03: L'affichage des scores sur les autres terrains m'apprennent que les bordelais ont marqué un but! à l'extérieur en plus!
-            20h12: Andriy rate encore une frappe croisée seul face au gardien en touchant le cuir avec le bout d'un lacet sauf que cette fois-ci ça rentre ! Son ratio chute soudainement a 7.5M€/but.
-            20h17: Didier Drogba fait se lever le stade pour la nième fois, cette fois-ci parce qu'il a fait une talonnade (ca recommencera avec un crochet du droit un peut plus tard).
-            20h18: 2 buts pour Bordeaux? l'affichage doit mal fonctionner.
-            20h21: Cédric! Le numéro 27 bulgare s'envole complètement pour exécuter un magnifique ciseau retourné dans la surface des blues! Le jeune homme est passé à moins de 5m d'obtenir une 2e place au classement européen des plus beaux buts du 4e trimestre 2006 (derrière la bicyclette de Ronaldinho il y a 2 semaines).




-          20h31: L'arbitre siffle malheureusement pour lui la mi-temps, s'attirant immédiatement la colère de Jose.
-           20h33: L'affichage sur les écrans géants laisse vraiment à désirer, puisqu'on veut cette fois nous faire croire que bordeaux a marqué 3 fois a l'extérieur en une seule mi-temps.
-           20h38: A défaut de bière, je conclue avec brio mon sudoku entamé plus tôt, pour patienter jusqu’au retour des joueurs.
-          20h40: Les « highlights » des 1eres mi-temps de tous les matchs nous apprennent que le pauvre Cédric n'aurait même pas accroche le podium si les buts avaient été plus grands, la faute a Stéphane Dalmat et un certain Kalinychenko.
-          20h41: On apprend en images que Ludovic Giuly vient de connaitre la même mésaventure que son ex-comparse lyonnais en manquant de conclure une fabuleuse action.
-          20h45: On reprend, Jose parlant toujours a l'arbitre.
-          20h54: Ben il ne se passe plus rien d'intéressant.
-          21h07: Oulà!! événement!! le numéro 27 bulgare se fait prendre à défaut pour la première fois du match dans un duel aérien!
-        21h08: Ian Wright remplace Robben sous les acclamations, ce que je trouve très bizarre pour un ex-gunner.
-     21h09: Andriy le terrible sort du terrain en bénéficiant presque d'applaudissements. Bonaventure Kalou, amaigri et grandi, dont je me demandais récemment ce qu'il devenait rentre a sa place.
-          21h10: Le stade pouffe de rigolade à l'écoute du très gros baffouillement du speaker local pour annoncer l'entrée de Koprivarov à la place de Yovov.
-          21h23: Le stade se lève (1ere fois de la 2e période) pour le 2e but des blues! Et c'est la qu'on se rend compte que Ian Wright s'appelle Shawn en fait mais également qu'il est le seul joueur au monde à devancer Andriy en terme de non-rentabilité! 1er but en 50 apparitions sous le maillot blue!! Du coup, tout le monde oublie l'exploit du pauvre Andriy pour ne retenir que celui du petit Shawn.
-          21h24: Jose explique probablement au 4e arbitre qu'il est un maître tacticien puisqu'il fait rentrer au bon moment un joueur en perdition totale depuis 18 mois dans un match a gros enjeux et pression, et que celui-ci délivre finalement son équipe.
       21h28: Le Michael Essien bulgare susnommé Eromoigbe nous rappelle qu'à Chelsea, on joue aussi avec un gardien de but qui doit parfois détourner sur sa barre d'une claquette somptueuse des frappes surpuissantes..

       21h29: Cette première grosse occasion réveille vigoureusement les supporters bulgares qui lancent des "Levski-Levski" ou des "Chelski-Chelski", j'hésite encore...

      21h32: Fin de l'histoire, Cédric Bardon, homme du match (source: "le bulgare libéré"), repart avec ses collègues chez lui se préparer pour un autre grand match, samedi face au Lokomotiv Plodiv. Je fais de même et rentre me préparer pour mon prochain match...