Bienvenue!

Bienvenue à tous sur mon petit cahier numérique, un peu autobiographique, au cours duquel je vais vous décrire certaines journées de mon existence. Le seul point commun entre toutes ces journées: ma présence dans un stade.


Bonne lecture et n'hésitez pas à me commenter et/ou me contacter!

vendredi 19 juin 2015

Le match de 5 jours


            Parce que je me devais de m’intéresser à la culture sportive anglaise et que celle-ci ne se limite pas au football et au rugby, j’avais envisagé depuis un moment d’entraîner ma compagne dans une virée vers un des deux grands stades de cricket de Londres.
            Ce sport crée à la même époque que ce qui n’était alors qu’un mélange de jeu au pied à onze et de jeu à la main à quinze, est très populaire en Angleterre et dans les anciennes colonies britanniques. Il s’agit même du sport collectif préféré au sein de l’élite bourgeoise du pays ainsi qu'au sein de la très large communauté indo-pakistanaise.
Les dernières pages dédiées au sport dans les quotidiens font quasiment autant de place au cricket qu’au football quand la saison des cricketeurs est ouverte.
            Car oui, étant imprégné de noblesse et de dignité, ce sport se pratiquait jusqu’à peu uniquement en tenue blanche qu’il ne fallait pas salir. D’où une saison réduite aux quelques mois de ce qui au Royaume-Uni se fait appeler, avec grande exagération, l’été.
           
            Ma curiosité (voire mon autisme) m’avait déjà poussé à découvrir ce sport bien plus en profondeur que ce qu’on pouvait logiquement espérer d’un continental.
            Par conséquent, je savais qu’il me fallait obtenir des sésames pour un test match international afin de découvrir le monde du cricket par la grande porte.

            Lords et The Oval étaient les deux stades candidats à ma venue. Le premier cité se situait tout près de mon habitation à Baker Street et était également le berceau de ce sport, siège de la fédération nationale et du musée du cricket. Le second, situé au sud de la Tamise avait pour particularité d’avoir la forme géométrique que lui confère son nom lorsqu’on l’observe depuis les cieux.

The Oval.

            La première bonne occasion me fit investir dans une paire de tickets pour emmener ma dulcinée découvrir ce sport lors d’une journée de test match estival opposant l’Angleterre à l’Inde à The Oval. La première découverte, avant même de se diriger vers le stade, fût la gestion temporelle d’un tel match.
            Les sésames indiquaient une ouverture des portes à 9h00 pour un début des hostilités prévu 30 minutes plus tard. Très matinal pour une rencontre sportive me direz-vous… La particularité était ici qu’il n’y avait pas de durée précise pour la rencontre, la journée s’achevait quand les juges arbitres (« umpires ») décidaient qu’il faisait trop sombre, ou qu’ils étaient trop fatigués ou que leur programme télé favori allait bientôt commencer.
            Généralement, cela conduit à une présence possible d’une douzaine d’heures au stade pour ce type de rencontre, sauf que les cricketeurs professionnels eux, ne jouent pas pendant tout ce temps. Une pause de plus d’une heure leur est accordée à midi (en plein match et quelque soit la situation sur le terrain) de même qu’une seconde, quand l’horaire du traditionnel tea-time britannique sonne.
            Les tests matchs n’ayant lieu qu’entre anciennes colonies britanniques, tout le monde est soumis à cette règle imposant deux coupures dans une longue journée de travail, y compris lors d’un Bangladesh – Indes Orientales (véritable nation dans le monde du cricket, regroupant plusieurs iles caribéennes).
            L’ultime spécificité temporelle concerne la durée globale d’une rencontre. En effet, un test match correspond à cinq journées consécutives telles que décrites précédemment, généralement du jeudi au lundi suivant (et encore cette limitation ne fut mise en place qu’après des décennies de tests à la durée indéterminée).

            Notre visite concernait la troisième des cinq journées consacrées à ce test et d’après les spécialistes, ce matin là, l’Inde semblait en position très favorable pour remporter ce test ou au moins obtenir un match nul (score qui représente plus de la moitié des issues de tests matchs). Les cricketeurs semblent donc incapables de se départager, même après cinq jours d’efforts…

            Le principe général a inspiré (et non pas l’inverse) celui du base-ball américain. Les équipes défendent et attaquent tour à tour en s’installant au lancer ou à la batte (à la section rectangulaire plutôt que ronde de l’autre coté de l’Atlantique).

Cricket vs baseball.

            Voici les principales différences :
  • Le terrain a une forme entièrement ronde, les batteurs et lanceurs ce situant au centre de celui-ci,
  • Il est donc autorisé de frapper la balle vers l’arrière, en l’effleurant ou la déviant grâce aux particularités géométriques de la batte,
  • Le lanceur se doit de conserver le bras tendu lors de son jet (essayez, ce n’est pas inné comme geste),
  • Le batteur ne doit pas juste frapper la balle quand il en a envie, il doit en fait protéger des quilles situées juste derrière lui,
  • La balle lancée doit impérativement rebondir (multipliant les effets donnés à la trajectoire de celle-ci) avant d’être batée ou de percuter les quilles (« wickets »),
  • L’attaquant ne marque pas de points en courant en cercle mais en effectuant des allers-retours entre les deux positions autorisées pour battre,

Etc, etc… Mais vous en savez déjà assez pour ne pas avoir l’air complètement perdu lors de votre prochain passage estival dans un pub anglais.

            Ce jour là, assis en tribunes avant le début des hostilités, je tentais d’expliquer les règles de base à Alexia lorsque nos voisins pour la journée arrivèrent.
            Un père de famille anglais accompagné de son fils d’une dizaine d’année allait éclairer ma faible lanterne lors de situations de jeu incompréhensibles. Ils allaient également nous faire découvrir la « culture » du cricket.
            Cette culture qui consiste à apprécier autant les phases de jeu que les phases sans jeu où l’on file au bar se ravitailler en boisson houblonnée (même quand on a dix ans). Pour eux, cela ressemblait à une journée au parc, avec divertissement intermittent fourni.
            La journée débutait, les batteurs battaient, les lanceurs lançaient et les autres attrapaient la balle avant de la relancer (vous voyez la métaphore avec la journée au parc en compagnie du chien?).

            Cela semblait relativement agréable pour un sportif curieux tel que moi, peut-être un peu moins pour ma compagne. Car il faut bien l’avouer, les raisons de s’enflammer sont tout de même bien rares, Un grand coup de batte par ci, par là, un bel arrêt au vol toutes les deux ou trois heures et puis c’est tout !

            Une « standing ovation » eu tout de même lieu lorsqu’un petit indien à l’allure timide pénétra dans l’enceinte. Ce petit homme s’appelait Sachin Tendulkar et j’avais pu lire dans un petit livre d’initiation au cricket que sa seule apparition sur un terrain suffisait à électriser la foule. Cet homme, s’il avait été footballeur aurait été Pelé, Maradona, Zidane et Messi réunis.
            Le type est simplement une légende du sport, détenteur de quasiment tous les records individuels que l’on a pu imaginer à propos de ce sport. Né en 1973, il poursuit toujours sa carrière professionnelle et est de très loin le cricketeur le plus riche du monde grâce à une multitude de contrats publicitaires sur le gigantesque marché indien.

Sachin Tendulkar.

            Pour ce qui est du match en lui-même, pas grand-chose ne me reste en mémoire. L'Angleterre allait éviter de justesse la défaite et semblait s'engager vers un match nul sur lequel tout le monde aurait pu finalement parier... Lorsqu'effectivement le soleil passa derrière l'horizon, les "umpires" décidèrent que s'en était assez pour aujourd'hui, renvoyant tout le monde à la maison. On remercia chaleureusement nos voisins pour ce nouveau cours dédié à commun devenir un britannique comme un autre, avant de se retourner vers la station de métro au même nom que le stade.


            Si pour nous supporters et curieux, tout s'arrêtait là, ce n'était pas le cas pour les joueurs puisqu'il leur restait alors deux jours de boulot pour conclure cette rencontre amicale, ce match de 5 jours...

jeudi 7 mai 2015

Les parapluies du racing

            Enfin un peu d'exotisme! Pour la première fois de ma vie, je quitte l'Europe avec mon amoureuse, et c'est pour aller visiter un des pays les plus dingues de football au monde! Argentina! Bien entendu, le voyage n'ayant absolument pas été planifié sur des considérations de ballon rond, je me rendais sur place sans aucun projet vis-à-vis du sport préféré des sud-américains.
            Sauf un. Aller voir la Bombonera. L'antre du club populaire de Boca Juniors, club phare du pays et club de cœur d'un légendaire petit monsieur nommé Diego Armando Maradona.


La Bombonera.

            Étrangement, ce club m'a toujours attiré. Peut-être est-ce grâce à ses couleurs chatoyantes (bleu et jaune vifs), ses supporters déjantés (notamment "La Doce" un des groupes d'ultras parmi les plus dingues du monde), les glorieux joueurs passé par ici (Maradona bien sur mais de manière plus contemporaine, le génialissime Juan-Roman Riquelme) ou probablement également grâce à ce stade atypique en forme de bonbonnière. En tout cas je voulais aller voir ça de mes propres yeux.
            Malheureusement, le mois de janvier correspond au plein été dans l'hémisphère sud. C'est donc la période où toutes les compétitions sportives sont en pause. Aucune rencontre de football officielle ne sera donc organisée durant notre passage dans ce beau pays.
            Malgré tout une journée de flâneries dans le quartier multicolore de Boca était au programme de nos réjouissances. A cette occasion, je ne pu résister à la tentation d'effectuer la visite touristique du stade et de son musée. Même vide, même avec le son des commentaires du guide, même en compagnie de touristes ignares, je fus impressionné. Très impressionné même par la configuration des gradins, qui me rappelait énormément mon cher Parc des Princes avec un grand ciel bleu à la place de la toiture précontrainte. Une capacité comparable (49 000 places), une acoustique tout aussi réputée, et une inclinaison des tribunes tout aussi effrayante faisaient que ce stade me paraissait familier.
            Tristement cependant, je n'eus pas l'occasion de le voir se remplir et de voir tout le monde guetter si ce soir El Diego viendra s'asseoir sur le siège qui lui est réservé à vie... Un souvenir matériel acheté à la boutique (un maillot vintage Boca Juniors 1984, floqué du numéro 10, que j'ai depuis énormément usé...) et s'en fut fini de mes relations avec le football argentin.

            Enfin, c'est ce que je croyais. Quelques jours plus tard, alors que nous en étions à notre dernier arrêt avant un ultime retour à la capitale argentine, je découvris dans la presse locale de la douce ville de Salta (1500km au nord-ouest de Buenos Aires, au pied des montagnes andines et près des frontières chiliennes et péruviennes) qu'un tournoi amical était organisé entre clubs professionnels dans le stade local. Quelle chance!
            Le soir même ma compagne et moi étions assis dans le charmant Estadio Padre Ernesto Martearena (autrement appelé Estadio Mundialista) pour assister à une rencontre de pré-saison entre deux des plus grands clubs du pays, le Racing et River Plate, tous deux habituels résidents de la capitale.


Estadio Padre Ernesto Martearena.

            En me basant sur mes références européennes en ce qui concerne les rencontres amicales estivales, je n'attendais sincèrement pas grand chose de cette soirée, Je comparais cette rencontre à un éventuel Paris SG - Créteil qui se disputerait à Toulouse au début du mois d'août... J'avais tord.
            La province et la ville de Salta étant de manière surprenante dépourvue d'équipe jouant au plus haut niveau national, la venue des grands clubs de Buenos Aires était un vrai événement. Les 20 000 places du jeune stade (construit pour le championnat du monde des moins de 20 ans en 2001) trouvèrent toutes un preneur. J'étais l'un d'entre eux, et je m'en souviendrai très longtemps. Mon accompagnatrice également, et là est la plus grande surprise.

            Les ultras des deux équipes avaient fait le déplacement en nombre, remplissant chacun une bonne partie de leur tribune respectives (fans qui auront parcouru 3000km en bus aller/retour pour un match amical, rappelons-le).
            Nous étions situés en tribune latérale, tout près du groupe bleu ciel et blanc des supporters du Racing (au passage, si le nom a bien été emprunté au club parisien en vogue au début du vingtième siècle, les couleurs ne sont elles qu'une reprise de celles du drapeau argentin). La distance nous séparant des ultras millionarios (ceux de River Plate, club des quartiers riches de la capitale) altérait notre appréciation visuelle de leurs animations mais certainement pas notre jugement sur leur puissance vocale et le rythme infernal de leurs chants qui ne cessèrent de toute la soirée.
            Les racingmens n'étaient pas en reste avec de nombreux chants très dansants et des animations visuelles notamment à base de parapluies. Ceux-ci, aux couleurs du club bien sur, étaient ouverts et agités dans tous les sens selon une chorégraphie pas toujours maîtrisée. Cet accessoire du supporter ne m'était jusqu'alors pas connu mais le résultat visuel était très agréable, bien que gâchant probablement la vue du terrain pour beaucoup de ces supporters...


Las paraguas.

            Sur le terrain la rencontre n'avait rien d'amical. Conformément aux stéréotypes que l'on peut avoir sur le football de la pampa, l'action mêlait des joueurs à la technique époustouflante et d'autres qui n'avaient que leur terrible engagement physique à faire valoir. Parmi les attaquants de River on trouvait alors un jeune colombien qui allait faire parler de lui par la suite, Radamael Falcao. Cependant sur cette soirée là il ne me laissa aucun souvenir. La rencontre fut plutôt ennuyeuse, comme un match de pré-saison doit l'être, il fallut attendre les dix dernières minutes pour voir le match se débrider avec un premier but sur penalty puis un autre au terme d'une très belle contre-attaque des joueurs à la diagonale rouge. 2-0 pour River Plate, le jeune coach Diego Simeone semblait satisfait.

            Si la performance des joueurs n'était pas mémorable, celle des spectateurs l'était. Je n'ai simplement jamais vu une telle atmosphère pour un match amical! Le travail des ultras était vraiment remarquable concernant l'animation des tribunes. Tellement remarquable en fait que même des années plus tard ma gentille accompagnatrice se souvient encore des parapluies du Racing !

Bonus video:

jeudi 12 mars 2015

Toulouse, terre de foot?

"Quoi? Comment? Toulouse terre de foot? Mais non! ici c'est le rugby!"
En êtes-vous sur? Voyons voir cela...

Si l'on écarte le simple fait qu'il y a plus de licenciés football que rugby dans tous les coins de la France, y compris le sud-ouest, je me demande si ce mal dont je me plains fréquemment dans ma région adoptive, est réel.
Je m'explique: je répète régulièrement à tous ceux qui veulent bien m'entendre que l'engouement pour le football dans la région toulousaine est très faible, que le niveau global est décevant, que la simple présence d'un club de football en Ligue 1 relève du miracle, avec le peu de spectateurs et sponsors s'intéressant à lui. Cela est également illustré d'après moi par le très faible nombre de clubs représentant la région Midi-Pyrénées au niveau fédéral (de la Ligue 1 au Championnat de France Amateur 2). Mais ai-je réellement raison de me plaindre?

Il est temps de mettre des chiffres concrets sur ces conjectures simplistes. Si cela se trouve je vis dans une des meilleures région de France footballistiquement et je ne m'en rend même pas compte!

Etape 1: Lister


Première étape, listons les clubs représentés au niveau fédéral pour chaque région française (les 22 actuelles, avant que tout cela soit remanié...):


Mes premières impressions sont les suivantes: l'Ile-de-France, le Pas-de-Calais, la Bretagne, les Pays-de-la-Loire et la Provence-Alpes-Cote-d'Azur semblent être les mieux servies, alors que la fameuse diagonale du vide allant de la Champagne-Ardennes aux Pyrénées semblent pouvoir s'appliquer à la densité footballistique...

Pour plus de précision, analysons des chiffres (j'aime les statistiques, je l'avoue assez facilement):
La première impression était bonne! Avec 22 clubs situés dans les 5 premiers échelons du football français, l'Ile-de-France est la région majoritairement représentée. Suivent la région PACA avec 21 clubs, la Bretagne (18), le Nord-Pas-de-Calais et Rhône-Alpes (17).
A l'autre extrémité, on trouve l'Auvergne et la Basse-Normandie avec 7 clubs représentés, Champagne-Ardennes, Franche-Compte, Haute-Normandie, Poitou-Charente avec 6 clubs et le Limousin en bon dernier de la classe avec 1 seul et unique club au niveau fédéral (merci au Limoges FC d'exister!).

La cible de mon questionnement initial, la région Midi-Pyrénées, se trouve juste en dessous de la moyenne nationale avec 8 clubs représentés, pas encore de quoi pleurer.

Etape 2: Discrétiser


En langage statistique, ça veut dire appliquer un facteur connu à une liste de données. Ici, les données sont issues de l'étape précédentes, le nombre de clubs fédéraux par région. Le facteur connu sera ici l'affluence moyenne pour une rencontre en fonction de la division dans laquelle il évolue. Après tout, préférez-vous avoir 1 club jouant en Ligue 1 dans votre quartier ou 3 clubs évoluant en CFA 2? Le niveau des équipes doit donc être pris en compte.

Pour cela j'ai appliqué les coefficients suivant à chaque région:
- 21 pour la présence d'un club de Ligue 1 (21 000 spectateurs par match en moyenne en 2014-2015)
- 6 pour la présence d'un club de Ligue 2 (6 000 spectateurs par match en moyenne en 2014-2015)
- 2 pour la présence d'un club de National (2 000 spectateurs par match en moyenne en 2014-2015)
- 0.5 pour la présence d'un club de CFA (500 spectateurs par match en moyenne en 2013-2014, donnée non trouvée pour la saison en cours)
- 0.2 pour la présence d'un club de CFA 2 (200 spectateurs par match en moyenne en 2013-2014, donnée non trouvée pour la saison en cours)
On multiplie tout ça comme il faut, puis on trie les résultats obtenus pour obtenir un nouveau classement des régions:

Les principales évolutions par rapport au classement de la première étape (lisibles dans la colonne 'Delta') sont les suivantes:
Les progressions majeures sont pour la Champagne-Ardennes et la Corse qui profitent d'une bonne présence relative dans les deux premières divisions françaises: 2 clubs sur 6 (33%) pour la première citée et 3 sur 8 (37%) pour les insulaires.
Globalement, 17% des clubs fédéraux évoluent en Ligue 1 ou Ligue 2 (20 en ligue 1 et en ligue 2 contre 18, 64 et 112 clubs pour les autres échelons).
Les chutes majeures sont elles à mettre au débit d'abord de l'Alsace et de la Picardie, pour une raison similaire, l'absence totale de club professionnel à l'intérieur de leurs frontières. Autres régions en chute, l'Ile-de-France qui se retrouve au cinquième rang à cause d'une très grande majorité de ses clubs évoluant dans les échelons amateurs (20 sur 22). L'Aquitaine et le Centre perdent également 4 rangs pour des raisons comparables.
Ma région occitane quant à elle se maintient juste en dessous de la moyenne nationale, grâce au Toulouse FC, seul représentant professionnel de la région.

Etape 3: Rationaliser

Maintenant que l'on a déterminé quelles sont les régions les plus attractives en matière de football, je vais essayer de relier l'offre (les clubs de football) à la demande potentielle (les habitants de la région). Comment faire? En prenant le coefficient calculé dans la section précédente et en le divisant par le nombre d'habitants de la région (en millions). On obtient alors un troisième classement que voici:

Avec ça, on peut enfin conclure cette étude!
La région où l'offre footballistique par habitant est la plus grande est la Corse! Et ce avec une marge exceptionnelle sur toutes les poursuivantes! Les 300 000 habitants corses peuvent se délecter avec 7 clubs fédéraux à leur disposition répartis dans 3 villes (4 à Bastia pour 40 000 habitants, 3 à Ajaccio et un à L'île Rousse). Une densité exceptionnelle avec laquelle aucune région ne peut rivaliser.
La Bretagne et la Champagne-Ardennes prennent les places restantes sur le podium.
En bas de tableau, on retrouve la plus grande surprise du classement en compagnie de l'indéboulonnable Limousin: l'Ile-de-France en avant dernière position. Les 22 clubs recensés autour de Paris ne sont finalement que peu de choses à offrir aux 12 millions de résidents de cette région...

Et Toulouse alors? Et bien, je crois que je me suis trompé. Bien que pour chaque club midi-pyrénéen l'affluence habituelle au stade soit nettement inférieure à la moyenne de sa division, la région Midi-Pyrénées, douzième position de ce classement, est finalement une région moyenne. Il y a bien loti mieux que nous mais il y a également bien pire. Même nos voisins aquitains semblent statistiquement être plus à plaindre... Mais avec ses 2 équipes principales, le TFC et Colomiers, en position de relégable en ligue 1 et en national, les choses pourraient très vite se dégrader...

mardi 3 mars 2015

Nom de code: "L'épopée"

L'épopée est un terme utilisé en matière de football, pour décrire le parcours singulier d'un petit club face aux plus grands, au cours de le Coupe de France.
Alors que je suis en train de lire "Another Saturday & Sweet FA" de Calvin Wade, je me prends à envisager de mettre en pratique, ma propre version du projet réalisé par Calvin et bien d'autres personnes en Angleterre.
Son histoire est celle d'un passionné de football qui décide de suivre le parcours d'une équipe disputant le premier tour de la coupe d'Angleterre au mois d'août et de continuer à la supporter jusqu'à son élimination, ou l'on devient alors supporter du club vainqueur, jusqu'à se retrouver à Wembley pour la finale en mai.
Des déplacements progressivement plus lointains, des spectateurs de plus en plus nombreux (et des prix de tickets de plus en plus élevés!) rendent se périple de 9 mois de plus en plus excitant.
En Angleterre, ce genre de chose est assez régulièrement pratiqué, pour la gloire personnelle ou pour le soutient d'une oeuvre charitable.

En France, notre "passion" pour le football et le sponsoring d'associations caritatives, étant très différent de ce que l'on peut trouver outre-Manche, je n'ai jamais entendu parler d'une telle démarche, même si je reste convaincu que cela a déjà dû se faire. Alors, pourquoi pas moi?

Ce projet serait une belle excuse pour aller visiter des stades de toutes tailles et se confronter à des clubs et des supporters de niveaux très variés. Des amateurs de bière légèrement bedonnant au fond de nos districts jusqu'aux millionnaires disputant la ligue des champions, ce parcours pourrait_être considéré comme une étude sociologique!

Si je compare ce défi à celui de Calvin, je vois immédiatement 2 avantages et 1 inconvénient à la francisation du challenge. Des prix de billets bien moins élevés et bien plus facilement accessibles, ainsi que l'absence de "replay" en cas de match nul rendront l'épreuve plus facile. En revanche, des rencontres se disputant en milieu de semaine sur au moins 4 tours feront de l'organisation personnelle et professionnelle une montagne difficile à contourner.

Ensuite, le seul match pour lequel on maîtrise son destin est le premier. En effet, il faut bien choisir un terrain par où commencer sa quête. Pour ma part il n'y aurait aucune attache émotionnelle à prendre en compte puisque en tant qu'arbitre du district de Haute-Garonne Midi Toulousain, je suis normalement nommer pour officier lors d'un match du premier tour. Un match sur le terrain puis 13 autres en tribune, voilà mon programme.

Pour se donner une idée, voilà ce qu'aurait été mon programme pour la saison en cours:
* Coût du déplacement fixé à 0.25€/km pour faire une moyenne crédible entre covoiturage, trains ou avions pour les différents trajets.

Honnêtement, rien de très excitant, pas de derby, pas de surprise, pas de club à la ferveur particulièrement attractive... En tout cas jusqu'aux quarts de finale! Je note que j'aurai cependant pu faire un saut chez ma belle-maman avec une rencontre se disputant chez elle, à Pamiers et que j'aurai rejoint mon équipe de cœur pour les quarts de finale.

Pour la logistique, on se rend compte que le prix des billets est dérisoire par rapport à ce qu'a dû vivre Calvin en Angleterre (£5 dès les premiers tours par exemple). On voit aussi, que ma région de base étant grande et relativement pauvre footbalistiquement parlant, les déplacements deviennent rapidement longs et onéreux...

De manière objective, je pense que si j'avais entamé cette aventure au début de la saison en cours, j'aurai été contraint de l'abandonner après le 10e tour. Un déplacement à Monaco en milieu de semaine étant forcément hors budget et hors de question professionnellement. Mais le charme d'une telle aventure est aussi là: réussir à s'organiser au gré des surprises du tirage au sort!

Pour pimenter encore plus l'affaire, je pourrais éventuellement décider de récolter des fonds pour une oeuvre restant à déterminer (avec 0.10€ par kilomètre parcouru, on récolte déjà plus de 800€!), ou également me forcer à inviter une connaissance locale à m'accompagner dans chaque stade visité.

En tout cas l'idée me plait grandement et je suis prêt à débuter l'aventure en août prochain!

Edit du 10 mars 2015: Le prochain tour (le 13e, soit les demi-finales) m'aurait donc fait revenir dans mon stade fétiche pour un PSG - Saint-Etienne fort alléchant! 1340km de plus et une 40aine de milliers de spectateurs de plus, avant la dernière manche au stade de France!


A lire: "Another Saturday & Sweet FA" par Calvin Wade

vendredi 17 octobre 2014

Un bon bain!


            C'est bien connu, l'Angleterre est un pays humide. Il y pleut parfois. Mais les anglais y sont habitué et ne changent pas leurs habitudes pour des considérations météorologiques. En ce début d'année 2009, j'étais sur le point de le redécouvrir.

            Ma compagne étant toulousaine d'adoption, son cœur sportif bat bien plus pour les rugbymen que pour les footballeurs. Cependant après 3 années de vie commune, je lui avais déjà infligé quelques dures soirées consacrées au ballon rond. Il était temps de lui rendre la pareille et d'organiser une belle sortie dédiée à la balle ovale.
            Noël 2008 m'en donna l'occasion. J'offris à madame (et à moi-même par cette occasion) un weekend tout compris dans la province anglaise incluant une visite d'un stade pour une rencontre de rugby disputée par son équipe favorite. Toulouse venait cette année disputer une rencontre de coupe d'Europe de rugby dans la charmante ville de Bath, tout près de la frontière galloise. La ville étant également d'un fort intérêt touristique et historique, la décision d'organiser un weekend complet autour de ce match fut rapidement prise.
            Transport et hébergement ne poseraient aucun problème. L'obtention de sésames pour ce match serait bien plus compliquée. En effet, la demande pour les rencontres de rugby du club local est très grande, et les places pour un match, qui plus est face à la grande équipe de Toulouse, dures à obtenir. La seule disponibilité que je trouvais étais une très onéreuse offre comprenant repas au Recreation Ground avec les autres VIP, présentation des joueurs locaux, causerie du coach, places assises en tribune d'honneur pour le match et invitation à participer aux célébrations d'après-match! Rien que ça! Ne reculant devant aucun sacrifice pour le bonheur de ma chère et tendre, deux options furent posées pour cette proposition casse-tirelire.
            Bien que n'ayant pas de places pour le match, deux amis londoniens (un anglais et une normande) nous accompagnèrent pour le weekend touristique, nous fournissant au passage un moyen de locomotion individuel.
            Arrivés le samedi matin sur place, nous posions nos affaires dans notre chambre d'aubere de jeunesse avant de prendre la direction à pied du centre ville, sous un radieux soleil hivernal.
            L'immanquable visite des bains romains faisant la célébrité de la ville eu bien lieu, et nous ipressionna tout comme le reste du centre ville datant de l'occupation romaine il y a deux millénaires de cela. La soirée fut ensuite consacrée à la découverte de pubs locaux, dans la plus anglaise des traditions!

Recreation Ground
            Le lendemain matin le décor avait changé, le ciel menaçait de tomber sur la tête des braves habitants de Bath! La pluie venait inonder les vertes prairies alentours et remplir dangereusement la rivière traversant la ville. Le stade se trouvait bien entendu en bordure de ce cours d'eau.
            En arrivant à ses grilles je fus tout fier de présenter mon pass VIP et de me faire accompagner vers le restaurant du club, sous une tribune latérale. Le déjeuner gastronomique avec vue sur l'eau qui tombait inlassablement sur la pelouse fut très apprécié. Ensuite le coach de Bath vint nous rejoindre pour quelques mots. Nous avions alors très vite été dénoncés comme agents toulousains par le staff en place. Dans un grand éclat de rire général, le coach affirma que tout ce qu'il venait de dire concernant la tactique et la composition de son équipe était complètement faux! Un dernier coup d'oeil sur les joueurs venant s'échauffer sur ce qui ressemblait de plus en plus à une piscine et l'heure fut venue de regagner nos sièges dans la tribune principale du stade.
            Ma compagne s'arrêta au passage quelques secondes sous la pluie pour profiter de très près du retour de son favori toulousain, Clément Poitrennaud, au vestiaire après son échauffement.
            C'est seulement une fois assis à nos places que nous remarquions que notre tribune était la seule à être équipée d'un toit protégeant les supporters des pluies diluviennent qui continuaient de s'abattre sur la ville. C'est également à ce moment là que notre amie nous appellait pour nous dire qu'elle avait trouvé une place pour assister à ce match, dans la tribune située en face de nous. Non abritée donc. N'étant bien entendu pas équipée de protection spécifique contre la pluie, elle fut vite trempée mais demeura courageuse jusqu'à la fin du match.

A mud bath

            Du courage, les joueurs n'en manquaient pas, mais les conditions rendant impossible tout décent jeu à la main, la qualité du rugby déployée sous nos yeux était des plus mauvaises. La pluie était tellement lourde et continue que même le jeu au pied devenait incontrôlable. Les glissades furent innombrables, de même que les fautes de main provoquée par cette savonnette de ballon ovale!
            Un score de trois points partout vint sanctionner cette après-midi qui a dû paraître bien longue pour les joueurs et les supporters de la tribune d'en face. Je n'ai d'ailleurs pas de souvenir d'une rencontre de rugby internationale s'étant conclu sur un aussi petit score avant ou depuis ma visite à Bath.
            Un très bref détour par la réception d'après match et nous retrouvions nos deux compagnons, incluant une conductrice trempée jusqu'aux os! Il était alors temps de retrouver nos pénates londoniennes. Sur le trajet du retour, nous étions tous d'accord sur au moins un fait: nous avions tous mérité un bon bain (chaud)! 

mardi 15 avril 2014

Paris champion dream


Paris, 2 avril 2014

A l'heure du tirage au sort des quarts de finale de la Ligue des Champions 2014, je suis au Mans en train d'écouter des juristes parler. Et j'en ai pour 4 semaines. Le sort venait de désigner les londoniens de Chelsea comme adversaire du Paris SG et soudain un éclair de génie traversa mon esprit. Je ne suis qu'à une heure de train de la capitale et je n'ai pas fréquenté le Parc des Princes depuis bien trop longtemps (environ 5 ans je crois...).
Le problème se posant rapidement était bien entendu celui de l'obtention des billets. Les abonnés et invités étant servis, le club annonça qu'il ne restait plus que 3000 places à vendre. La mise en vente était prévue pour un mardi, 8 jours avant la rencontre, en «fin de journée» d'après le communiqué officiel. Dès la fin de ma journée de cours, soit vers 17h30, je m'installais à un poste informatique de l'école nous accueillant et j'attendais sagement que le site internet de la billetterie du club s'actualise pour ouvrir la vente. Près de 3 heures plus tard, la page changeait enfin d'aspect et me permit d'obtenir immédiatement une place dans une des rares catégories restantes, soit une place à 60€ en quart de virage. Grisé par ma rapide réussite, je tentais et réussissais à obtenir un deuxième ticket dans le même secteur. Quelques minutes plus tard, les billets de train étaient réservés, mon cousin était invité et mon hébergeur pour la nuit était choisi. Il n'y avait plus qu'à attendre une semaine!
 
Belle campagne de pub non?

Le mercredi suivant, les cours terminés, je filais rapidement hors de l'école, enchaînais non moins rapidement tramway, TGV et métro pour me diriger vers ce stade qui m'avais tant manqué. Au passage, je croisais mes premiers signes d'excitation footballistique en entrant dans le métro à la gare Montparnasse, en repérant quelques lots de parisiens en tenue rouge et bleue dans les rames. Au changement à La Motte Picquet Grenelle, j'assistais un groupe de "casuals" (supporteurs habillés en tenue classique, sans aucun signe distinctif de leur club) anglophones ayant besoin de conseils pour trouver la direction du stade. Bien entendu je me retrouvais dans leur rame sur la ligne 10 et profitais de occasion pour subir une petite leçon de chants à la gloire des blues.
En ressortant à l'air libre, je pouvais constater les premiers signes m'informant que l'organisation du club avait bien changé ces dernières années. Dès la bouche de métro, la présence des forces de l'ordre est massive, l'accès aux environs du stade est réservé aux détenteurs de billets plus de 500 mètres avant de pouvoir atteindre ses grilles. Je retrouve difficilement mon cousin à travers des rues que je ne connais plus vraiment et on se lance ensemble dans la longue file d'attente filtrante permettant d'accéder au quartier du stade. Une demi-douzaine de contrôles de billets plus tard nous arrivons sur la magnifique rue du commandant Guibault bordée d'un coté par le Parc des Princes et de l'autre par le tout nouveau et tout beau stade Jean Bouin accueillant le Stade Français, section rugby.
Encore quelques contrôles et nous pouvons pénétrer dans l'arène, par la porte qui était encore réservée aux supporteurs visiteurs la dernière fois que je suis venu. Les joueurs s'échauffent, l'ambiance est festive, les petits drapeaux mis à disposition par le club sont déjà frénétiquement agités, ma tension monte encore d'un cran.

Les 11 titulaires

Nos deux numéros de place étant légèrement éloignés l'un de l'autre, mon cousin et moi essayons discrètement de rester ensemble dans l'escalier pour vivre le match ensemble. Ma première bonne surprise fût de voir que personne se comptait s'asseoir pour vivre la rencontre dans notre secteur. Quelques secondes après le coup d'envoi cependant le service d'ordre nous imposa de quitter l'escalier et de rentrer dans les rangs. On réussit tout de même à rester ensemble à un des premier rangs de cette tribune.
Dès la première minute, les parisiens placèrent une attaque dangereuse et dès la troisième ouvrirent le score grâce à un magnifique enchaînement de l'argentin Ezequiel Lavezzi sur un centre mal dégagé par John Terry. L'ambiance était formidable, tout le stade semblait vibrer à l'unisson à ce moment là. Malheureusement, progressivement, les joueurs parisiens baissèrent le pied et laissaient les londoniens prendre l'avantage. Ceci se ressentit sur l'atmosphère en tribune qui devint elle aussi progressivement moins festive et plus tendue. Le changement de physionomie du match fut concrétisé au milieu de la première mi-temps par l'égalisation sur penalty des joueurs de Chelsea.
Cette période plus calme me permis de décortiquer le nouveau système de dénonciation de fumeurs mis en place par le club. Les stadiers sur la pelouse faisant face aux tribunes, communiquent avec précision à leurs compères situés en tribune l'emplacement des personnes osant allumer une cigarette et ces derniers se doivent ensuite d’obtempérer au plus vite ou de quitter le stade. En toute honnêteté, une police anti-tabac dans un lieu public est une idée qui me plait même si la méthode m'a fait sourire.
Sur le terrain, malgré un petit mieux avant la pause, les supporteurs semblaient, comme moi, frustrés par la performance des joueurs parisiens qui nous avaient habitué à tellement mieux au cours de cette saison. Heureusement, la seconde partie de la rencontre allait être très différente.

Après la pause, les joueurs revinrent rapidement à leur jeu de possession et de passes rapides habituel, en même temps que les supporteurs revenaient à une ambiance plus festive et poussaient réellement leur équipe. Malgré l’éradication des groupes d'ultras qui organisaient l'ambiance dans le stade auparavant, les chants émanant des virages étaient exactement les même qu'avant et leur enchaînement semblait indiquer qu'il y avait encore une certaine organisation des fans en tribune.
Les parisiens inscrivirent un deuxième but peut après la reprise et n'allaient ensuite plus laisser respirer leurs adversaires qui ne se créeront aucune occasion de tir durant tout le deuxième acte. Deux joueurs clé allaient quitter le terrain sur blessure (Ibrahimovic et Verratti) mais leurs remplaçants ne déçurent personne. Cependant malgré la nette domination, on arriva à la fin du temps réglementaire avec un seul but d'avance. Tout le stade continuait cependant de pousser et fut récompensé à la dernière minute des arrêts de jeu par un magnifique but de Javier Pastore, l'argentin qui avait remplacé son compatriote buteur quelques minutes plus tôt.
L'atmosphère devint alors assez folle tout autour du terrain, je n'eus pas vraiment l'occasion de voir les dernières secondes de jeu, étant encore en train de célébrer ce troisième but et cette belle victoire. Jose Mourhino, l'entraîneur des londoniens ne vit pas non plus la fin du match puisqu'il quitta le terrain immédiatement après ce but.

La joie après le but de Pastore

Mon cousin et moi restions à l'intérieur du stade jusqu'à ce que les tribunes soient vidées se perdant alors en conjectures irréalistes concernant la suite de la compétition. Ensuite, il fallut se quitter, puis de mon coté traverser la capitale en métro pour rejoindre le domicile de mon hébergeur. En arrivant chez sa compagne et lui, je sentais clairement que toute l'adrénaline qui avait été produite par mon corps au cours du match ne s'était pas encore complètement dissipée. C'est donc en tremblotant encore un peu que nous procédions à un débriefing  du match puis à une petite mise à niveau nécessaire sur l'avancée de nos vies respectives et de celle de nos amis communs.
Quatre heures de sommeil plus tard, il me fallait attraper le premier métro puis le premier TGV à destination du Mans pour me permettre d'être à l'heure pour une nouvelle journée de cours de droit. Malgré tous mes efforts, je ne pouvais cependant empêcher mon esprit de divaguer régulièrement vers la poursuite de ce que le service communication du club appelait le "Paris Champion Dream".

mercredi 11 décembre 2013

Le football et moi...

9 mois sans publication, ça craint! Le peu de temps que j'ai pu consacrer à l'écriture pendant ce temps, a servi a satisfaire mon éditeur anglais avec une flopée de portraits de joueurs qui ont ou qui vont traverser la Manche.
Et puis récemment, j'ai réfléchi. J'ai réfléchi aux origines de ma passion pour ce sport et à son évolution au cours du temps, en fonction de l'offre et de ma demande. Et j'ai fini par en faire un graphique!

9 months without a publication, it stinks! The few ocasions I had to write during this period were utterly devoted to my English editors and the scouting reports he ordered me.
And then I thought. I thought about how it all started, I mean my passion for football. And how it evolved through time. And obviously I ended up drawing a chart!


Et maintenant, quelques explications:
1986, un très très vague souvenir de gens criant au milieu de la nuit dans la maison et à l'extérieur, pendant un quart de finale France-Brésil de coupe du monde.
1988, première licence à l'US Roissy-en-Brie (comme Paul Pogba un peu plus tard...)
1990, premier vrai souvenir télévisuel, Colombie-Cameroun de 1990, Higuita, Valderama et Roger Milla.
1991, premières lectures (abonnement à 'Onze Mondial') et deuxième souvenir télévisuel, la finale de Bari sur écran géant à la salle des fêtes de la ville. 
1992, première sortie dans un vrai stade, au Parc des Princes (lire "Le Premier Souvenir")
1993-1999, avec les coupes d'Europe (grand souvenir d'Auxerre et Paris en 1993, bizarrement peu de Marseille la même année) ou l'équipe de France la courbe télévisuelle monte bien que l'offre reste rare sans Canal+.
2000, début des études à Saint-Etienne la pratique du football décroit aussi vite que croissent les déplacements au stade (Lire "La star locale").
2002, l'explosion de l'offre télévisuelle (dans un premier temps dans les bars) ne me laisse pas insensible...
2003, investissement dans la seule carte d'abonnement à un stade jamais possédée, Paris Saint-Germain saison 200-2004 (Lire "Mon idole" et "Le classico").
2004, la lecture se fait maintenant sur internet, les possibilités sont décuplées...
2005, découverte de Londres et de la culture britannique du football. Les soirées pub/football sont légion.  Investissement dans la création d'un groupe d'ultras pour l'équipe de France et premiers stades anglais.
2006, installation à Londres, l'activité footballistique resurgit, d'abord au parc..L'envie d'écrire fait sont apparition (Lire "Le match des "ski""). Découverte de l'énorme offre de littérature footballistique anglaise. Premier match de coupe du monde "en vrai", à Cologne (lire "Ma coupe du monde").
2007, la vie de couple et le bon sens retrouvé font décroître ma consommation télévisuelle. Je deviens sélectif. Inscription dans un club de football anglais, puis dans un club de futsal.
2008,  transformation en dévoreur de livres, grâce à la grande culture anglo-saxonne vis-à-vis du football, j'achète plus de livres que je ne peux pour le moment en lire.
2009, je commence à remonter dans le passé pour mettre sur papier mes virées footballistiques.
2010, première rupture des ligaments croisés, chute soudaine de l'activité sur le terrain, abonnement à "So Foot".
2011, de retour en France, deuxième rupture des ligaments croisés, abandon de la pratique du football.
2012, sur les conseils de ma femme, je débute une carrière d'arbitre (Lire "Aux chiottes l'arbitre!"). Je commence également à écrire des portraits de joueurs pour un site internet généraliste anglais (Voir "sabotagetimes.com").

Le futur?
Stabiliser ma consommation télévisuelle, continuer à écrire, continuer à lire, continuer à arbitrer, éventuellement redémarrer la pratique quand je serai admissible en vétéran et s'offrir de belles découvertes de stades et d'ambiances.

Notes:
1986, a vague memory of people shouting at their tv screeen while Brazil-France was happening during the World cup.
1988, first official licence for US Roissy-en-Brie (same first club as Paul Pogba).
1990, first real tv memory, 1990 Colombia-Cameroon. Higuita, Valderama and Milla.
1991, first readings (subscription to "Onze Mondial") and 2nd tv memory, the European cup final in Bari watched at the local community house.
1992, first visit to a real stadium, the Parc des Princes (read"Le Premier Souvenir")
1993-1999, thanks to the European cups and the national squad, the tv curve goes up despite the small amount of games broadcast.
2000, begining of my studies in Saint-Etienne, playing football decreases as fast as watching it live increases (Read "La star locale").
2002, tv offer goes through the roof and I follow...
2003, first and so far only purchase of a season ticket in Paris (Read "Mon idole" et "Le classico").
2004, reading through internet gets me interested...
2005, discovery of London and the British football culture, pub/football nights are numerous. Part of an Ultra group creation in favour of the French national team.
2006, settling in London, getting back to real action, first with parks kickabouts. Wrote my first piece about a game I witnessed (Read"Le match des "ski""). Realised the immense reading offer in the football section of my bookshop. Watch my firs "real" world cup game in Koln.
2007, common sense and marital life are decreasing my television consuption, I became selective. Registering into an eleven a side and a five a side teams as a regular player.
2008, transformation into a book eating machine, I buy more than I can read for now.
2009, I began to walk down memory lane to write about my past football related experiences.
2010, first torn ACL involving a sudden fall in football practice, signing up for "So Foot" magazine.
2011, back in France, second torn ACL buring definitely my will to play football..
2012, on my now wife advices, I began to referee games (Read "Aux chiottes l'arbitre!"). Began to write article for an English generalist website about Ligue 1 players announced in the Premier League (See"sabotagetimes.com").

The future?
Stabilising my tv consumption, keep on writting, keep on reading, keep on refering, eventually get back to playing ways with the over 35, and continue to set up dates with interesting games and interesting stadiums.