Bienvenue!

Bienvenue à tous sur mon petit cahier numérique, un peu autobiographique, au cours duquel je vais vous décrire certaines journées de mon existence. Le seul point commun entre toutes ces journées: ma présence dans un stade.


Bonne lecture et n'hésitez pas à me commenter et/ou me contacter!

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vendredi 17 octobre 2014

Un bon bain!


            C'est bien connu, l'Angleterre est un pays humide. Il y pleut parfois. Mais les anglais y sont habitué et ne changent pas leurs habitudes pour des considérations météorologiques. En ce début d'année 2009, j'étais sur le point de le redécouvrir.

            Ma compagne étant toulousaine d'adoption, son cœur sportif bat bien plus pour les rugbymen que pour les footballeurs. Cependant après 3 années de vie commune, je lui avais déjà infligé quelques dures soirées consacrées au ballon rond. Il était temps de lui rendre la pareille et d'organiser une belle sortie dédiée à la balle ovale.
            Noël 2008 m'en donna l'occasion. J'offris à madame (et à moi-même par cette occasion) un weekend tout compris dans la province anglaise incluant une visite d'un stade pour une rencontre de rugby disputée par son équipe favorite. Toulouse venait cette année disputer une rencontre de coupe d'Europe de rugby dans la charmante ville de Bath, tout près de la frontière galloise. La ville étant également d'un fort intérêt touristique et historique, la décision d'organiser un weekend complet autour de ce match fut rapidement prise.
            Transport et hébergement ne poseraient aucun problème. L'obtention de sésames pour ce match serait bien plus compliquée. En effet, la demande pour les rencontres de rugby du club local est très grande, et les places pour un match, qui plus est face à la grande équipe de Toulouse, dures à obtenir. La seule disponibilité que je trouvais étais une très onéreuse offre comprenant repas au Recreation Ground avec les autres VIP, présentation des joueurs locaux, causerie du coach, places assises en tribune d'honneur pour le match et invitation à participer aux célébrations d'après-match! Rien que ça! Ne reculant devant aucun sacrifice pour le bonheur de ma chère et tendre, deux options furent posées pour cette proposition casse-tirelire.
            Bien que n'ayant pas de places pour le match, deux amis londoniens (un anglais et une normande) nous accompagnèrent pour le weekend touristique, nous fournissant au passage un moyen de locomotion individuel.
            Arrivés le samedi matin sur place, nous posions nos affaires dans notre chambre d'aubere de jeunesse avant de prendre la direction à pied du centre ville, sous un radieux soleil hivernal.
            L'immanquable visite des bains romains faisant la célébrité de la ville eu bien lieu, et nous ipressionna tout comme le reste du centre ville datant de l'occupation romaine il y a deux millénaires de cela. La soirée fut ensuite consacrée à la découverte de pubs locaux, dans la plus anglaise des traditions!

Recreation Ground
            Le lendemain matin le décor avait changé, le ciel menaçait de tomber sur la tête des braves habitants de Bath! La pluie venait inonder les vertes prairies alentours et remplir dangereusement la rivière traversant la ville. Le stade se trouvait bien entendu en bordure de ce cours d'eau.
            En arrivant à ses grilles je fus tout fier de présenter mon pass VIP et de me faire accompagner vers le restaurant du club, sous une tribune latérale. Le déjeuner gastronomique avec vue sur l'eau qui tombait inlassablement sur la pelouse fut très apprécié. Ensuite le coach de Bath vint nous rejoindre pour quelques mots. Nous avions alors très vite été dénoncés comme agents toulousains par le staff en place. Dans un grand éclat de rire général, le coach affirma que tout ce qu'il venait de dire concernant la tactique et la composition de son équipe était complètement faux! Un dernier coup d'oeil sur les joueurs venant s'échauffer sur ce qui ressemblait de plus en plus à une piscine et l'heure fut venue de regagner nos sièges dans la tribune principale du stade.
            Ma compagne s'arrêta au passage quelques secondes sous la pluie pour profiter de très près du retour de son favori toulousain, Clément Poitrennaud, au vestiaire après son échauffement.
            C'est seulement une fois assis à nos places que nous remarquions que notre tribune était la seule à être équipée d'un toit protégeant les supporters des pluies diluviennent qui continuaient de s'abattre sur la ville. C'est également à ce moment là que notre amie nous appellait pour nous dire qu'elle avait trouvé une place pour assister à ce match, dans la tribune située en face de nous. Non abritée donc. N'étant bien entendu pas équipée de protection spécifique contre la pluie, elle fut vite trempée mais demeura courageuse jusqu'à la fin du match.

A mud bath

            Du courage, les joueurs n'en manquaient pas, mais les conditions rendant impossible tout décent jeu à la main, la qualité du rugby déployée sous nos yeux était des plus mauvaises. La pluie était tellement lourde et continue que même le jeu au pied devenait incontrôlable. Les glissades furent innombrables, de même que les fautes de main provoquée par cette savonnette de ballon ovale!
            Un score de trois points partout vint sanctionner cette après-midi qui a dû paraître bien longue pour les joueurs et les supporters de la tribune d'en face. Je n'ai d'ailleurs pas de souvenir d'une rencontre de rugby internationale s'étant conclu sur un aussi petit score avant ou depuis ma visite à Bath.
            Un très bref détour par la réception d'après match et nous retrouvions nos deux compagnons, incluant une conductrice trempée jusqu'aux os! Il était alors temps de retrouver nos pénates londoniennes. Sur le trajet du retour, nous étions tous d'accord sur au moins un fait: nous avions tous mérité un bon bain (chaud)! 

vendredi 20 janvier 2012

La H cup



          Demain et dimanche, vont se jouer les derniers matchs de poule de la coupe d'Europe de rugby. L’occasion pour moi de faire une infidélité au ballon rond pour passer brièvement à l'ovale.

Cardiff, 20 mai 2006


            C’était la fin de l’année scolaire et étant en plein projet de fin d’études avec deux diplômes et donc deux rapports de projet à préparer, je n’avais guère le temps pour effectuer de petits voyages où rendre visite à des amis. En théorie.
            Malgré cela, je parvins à effectuer un retour en Angleterre, le temps d’un weekend, pour y retrouver de nombreux amis. L’Eurostar du vendredi soir me permis d’être pile à l’heure pour les « after work drinks » du vendredi.
            Samedi matin arriva bien assez vite et avec lui, l’heure pour nous de monter dans le bus en direction du Pays de Galles. Trois amateurs de rugby rejoints plus tard sur place par une demi-douzaine d’autres français expatriés se rejoignirent à Cardiff pour soutenir le représentant français dans cette finale de coupe d’Europe.

            Par un hasard certain, le bus décida de ne pas aller jusqu’à la gare routière, nous mîmes pied à terre au bord d’une large avenue longée par une rivière. Et exactement en face de nous, de l’autre coté de cette rivière, était érigé un monument faisant la fierté de tous les gallois.

            Le Millenium Stadium fût l’un des pionniers (avec l’Arena d’Amsterdam) de cette nouvelle vague de stades ultramodernes qui débuta à la fin des années 90. Design soigné, toiture rétractable, grande capacité, proximité de la pelouse pour tous les spectateurs, restauration et sanitaires en quantité suffisante sous les tribunes… Bref tout ce qu’il faut pour passer une excellente après-midi !
            Près de 10 ans après son inauguration, le stade national gallois pouvait toujours se targuer d’impressionner ses visiteurs.

            Notre arrivée étant très matinale, nous avions quelques heures à tuer avant de revenir dans le quartier du stade humer l’ambiance d’avant-match. Nous décidâmes de nous réfugier tout d’abord dans la branche locale d’une fameuse chaîne britannique de pubs bons marchés pour nous offrir un petit déjeuner suivi d’un commencement d’apéritif.
            Ce que nous ne savions pas, était que les supporters irlandais étaient encore plus matinaux que nous. A peine la porte d’entrée poussée que nous pûmes apprécier un chant provenant d’une marée humaine à la couleur rouge occupant toute la pièce centrale du pub.

            Les provinces de rugby celtes sont réputées pour toujours se déplacer en masse pour les rencontres européennes de leur équipe de rugby. A mes yeux, la preuve en était déjà faite dès 9h du matin…
            Ce pub bénéficiait d’une licence particulière lui permettant de contourner la loi britannique et de servir de l’alcool avant 11 heures du matin. Les irlandais ne manquèrent pas de remercier le propriétaire des lieux.
Le fameux sponsor principal de la compétition (le H de H cup…) savait organiser sa communication en mettant son nom sur tous les articles décoratifs et ou jetables disponibles dans les environs.

Nous nous assîmes dans une pièce secondaire et décidâmes de nous fondre dans la masse. Le petit déjeuner fût donc composé de burgers épais, frites grasses et arrosé de bière. L’écran géant situé juste derrière nous, diffusait une chaîne d’informations sportives dont le contenu principal se concentrait autour de la finale à venir.
Ceci ajouté aux chants des petits hommes roues et au débit de boissons organisé, fît que la matinée passa à une allure folle et que l’heure de se rediriger vers le stade s’annonçait.

Ce fût alors que je pus apprécier le deuxième effet de l’invasion irlandaise. Les pavés sur lesquels j’avais marché pour rejoindre le pub avaient disparu, remplacés par des milliers de paires de chaussures auxquelles étaient rattaché des êtres humains au maillot rouge. C’était un véritable fleuve au fort courant se dirigeant vers son estuaire qu’était le Millenium stadium. Impossible de remonter le courant ou même de s’arrêter.
Nous nous trouvâmes donc aux portes du stade bien plus tôt que nous l’avions espéré et fûmes presque contraints de monter en tribune deux heures avant le coup d’envoi et de découvrir le monument depuis l’intérieur.



Immense fus ma première qualification. 3 anneaux de gradins à la forte inclinaison, des courbes parfaites sur la quasi-totalité du périmètre, à l’exception d’une petite portion derrière un embut, donnant l’impression d’avoir été réduite de manière étrange.
Mes recherches effectuées à posteriori, m’apprirent que cette tribune n’avait pu être réalisée à l’égal de ses voisines en raison d’une petite parcelle de terrain située juste après cette tribune et occupée par le terrain d’un club de football local ayant refusé de céder son terrain au promoteur du stade.
Les architectes n’en tinrent pas rigueur et décidèrent de rompre la lisse courbe décrite par le reste du stade, plutôt que de modifier leur design pour obtenir une apparence linéaire et symétrique.
Je leur donnai raison, cette particularité rendant le stade unique et certainement pas monotone.

            Nous patientions en compagnie de quelques bières fournies par le sponsor à la buvette par lots de quatre pintes que l’on pouvait intelligemment transporter en tribune à l’aide d’un malicieux bout de carton prévu à cet effet,
Une fois installés, je pus remarquer que le stade était déjà plein et nous offrit un beau panorama permettant de juger le rapport de force entre les troupes de supporters.
            Le constat était sans appel, les maillots rouges du Munster cumulés aux tuniques galloises de la même couleur totalisait plus de 90% des couleurs visibles dans en tribune. Les quelques patchs de résistance rouge et blanc indiquaient une certaine désorganisation chez les supporters du Biarritz Olympique.
            Pas de méprise cependant, la présence d’environ 5000 supporters basques dans le stade était très honorable. L’anomalie venait plutôt de la quasi-absence de supporters neutres, tous remplacés par des fans celtes.

            Le déroulement de la rencontre fût semblable, une domination sans partage des irlandais leur offrit une victoire à peine contestée.
            A l’issue de la rencontre, le peuple rouge se déversa à nouveau dans les rues étroites du centre ville, en direction des nombreux bars et restaurants de Cardiff. L’échange avec les fans irlandais fut excellent tout au long de la soirée (que le partenaire du tournoi nous excuse mais nous avons également consommé à cette occasion des produits concurrents), me convainquant d’aller un jour leur rendre visite pour des raisons footballistiques.
            La nuit pluvieuse fût très chaleureuse avant de se conclure par une sieste à 5 âmes dans une voiture bonne pour la casse, la tête remplie à la fois de souvenirs et d’odeurs vous rappelant qui est le sponsor de la H cup...